La rééducation après une fracture est un processus crucial pour récupérer la mobilité, la force musculaire et la fonctionnalité de la zone affectée. Elle ne se limite pas à la guérison de l’os : elle implique également la restauration des muscles, des tendons et des articulations, qui peuvent être affaiblis ou raides après une immobilisation prolongée. Cet article détaille les différentes étapes de la rééducation, ainsi que les exercices appropriés pour chaque phase, afin de favoriser une guérison complète.
Sommaire
Les étapes de la rééducation après une fracture
Le processus de rééducation est généralement divisé en quatre phases principales : l’immobilisation, la mobilisation précoce, le renforcement musculaire et le retour aux activités quotidiennes. Chaque phase a des objectifs spécifiques et nécessite des exercices adaptés pour maximiser les chances de guérison complète.
Phase d’immobilisation
La phase d’immobilisation commence immédiatement après la fracture, lorsque l’os doit rester stable pour guérir correctement. Cette phase implique l’utilisation d’un plâtre, d’une attelle ou d’un dispositif externe pour maintenir l’os fracturé en place.
- Durée : En fonction de la gravité de la fracture, la période d’immobilisation peut varier de quelques semaines (pour des fractures simples, comme celles des doigts) à plusieurs mois (pour des fractures plus complexes, telles que les fractures de la colonne vertébrale ou du bassin).
- Objectifs : La priorité est de permettre la consolidation de l’os, en évitant tout mouvement qui pourrait entraver la guérison. Il est également important de prévenir les complications liées à l’immobilisation, telles que l’atrophie musculaire et la raideur articulaire.
Pendant cette phase, les muscles, tendons et ligaments qui entourent la fracture ne sont pas utilisés, ce qui entraîne une perte de masse musculaire et une diminution de la flexibilité des articulations. Même si la zone fracturée doit rester immobile, des exercices passifs des parties non affectées du corps peuvent être introduits. Ces exercices aident à maintenir la circulation sanguine, prévenir les contractures et maintenir une certaine mobilité.
Phase de mobilisation précoce
Une fois que la consolidation osseuse est suffisamment avancée, généralement confirmée par des radiographies, la phase de mobilisation précoce peut commencer. C’est à ce stade que l’on introduit les premiers mouvements doux pour prévenir la raideur et favoriser la récupération de la mobilité.

- Objectifs : Restaurer progressivement la mobilité des articulations voisines de la fracture et éviter les raideurs prolongées, tout en respectant la guérison de l’os. Il s’agit également de préparer les muscles à la reprise des activités en douceur.
- Exercices : Les exercices passifs (où un professionnel de santé ou une machine aide au mouvement) et les exercices assistés (où le patient effectue les mouvements avec assistance) sont introduits. Ils peuvent inclure :
- Mobilisation passive : Mouvements contrôlés des articulations proches de la fracture pour éviter l’enraidissement. Par exemple, pour une fracture de la cheville, on pourrait travailler sur les flexions et extensions douces des orteils ou du genou.
- Étirements doux : Ils permettent de restaurer la flexibilité des muscles et des tendons.
- Exercices respiratoires : En cas de fracture des côtes, des exercices de respiration profonde sont essentiels pour prévenir des complications pulmonaires.
Ces exercices sont généralement effectués sous la supervision d’un kinésithérapeute pour s’assurer qu’ils ne causent pas de douleur excessive ou de nouvelle blessure.
Phase de renforcement musculaire
Une fois que la mobilité a été partiellement restaurée, le renforcement musculaire devient l’étape suivante. L’immobilisation a souvent entraîné une perte de masse musculaire (atrophie) dans la zone affectée, et il est essentiel de reconstruire ces muscles pour rétablir la force et la stabilité de la zone fracturée.
- Objectifs : Renforcer les muscles affaiblis, améliorer la stabilité des articulations et réapprendre les mouvements fonctionnels pour faciliter le retour aux activités quotidiennes.
- Exercices : Pendant cette phase, des exercices actifs (où le patient effectue lui-même les mouvements) et des exercices de résistance légère sont introduits pour renforcer progressivement les muscles autour de la fracture. Voici quelques exemples :
- Exercices à l’élastique : Utilisation de bandes de résistance pour renforcer les muscles progressivement sans surcharger la zone fracturée. Par exemple, des exercices de flexion et extension du poignet avec une bande élastique pour une fracture du bras.
- Travail en charge partielle : Si la fracture concerne les membres inférieurs, l’utilisation d’une béquille ou d’un déambulateur permet de réintroduire progressivement du poids sur la zone affectée sans trop la solliciter. Les patients peuvent commencer à faire des pas légers avec une charge partielle.
- Levé de poids légers : Pour les fractures des membres supérieurs, des poids légers peuvent être utilisés pour renforcer les muscles du bras, de l’épaule ou de l’avant-bras.

La progression se fait en fonction de la tolérance du patient, et les exercices peuvent devenir plus complexes au fur et à mesure que la force revient.
Phase de retour à l’activité
La dernière phase de la rééducation concerne le retour progressif aux activités quotidiennes et, éventuellement, sportives. Cette phase est cruciale pour s’assurer que la zone fracturée est capable de supporter des charges plus importantes sans risque de rechute.
- Objectifs : Réintégrer les mouvements fonctionnels dans la vie quotidienne et permettre un retour progressif à une activité physique normale ou sportive.
- Exercices : Des mouvements plus complexes, spécifiques aux activités quotidiennes ou au sport pratiqué, sont introduits :
- Marche sur terrain varié : Pour les fractures des membres inférieurs, la marche sur des surfaces irrégulières permet d’améliorer l’équilibre et de renforcer les muscles stabilisateurs.
- Sauts et montées d’escaliers : Pour améliorer la stabilité et la coordination.
- Entraînement spécifique au sport : Si la fracture a touché un athlète, des exercices spécifiques à son sport seront mis en place. Par exemple, un basketteur pourra progressivement reprendre les sauts et les tirs pour retrouver ses capacités.
Cette phase doit être abordée avec prudence : bien que l’os soit guéri, les muscles et les tendons peuvent encore être fragiles.
Exercices recommandés pour chaque phase
Exercices passifs pendant la phase d’immobilisation
Même pendant la période d’immobilisation, il est possible de travailler les muscles et articulations qui ne sont pas directement affectés par la fracture. Par exemple :
- Mouvements passifs des doigts et orteils : Essentiels pour prévenir les contractures.
- Étirements doux des articulations voisines : Par exemple, pour une fracture du bras, on peut mobiliser l’épaule.
Exercices actifs pendant la phase de mobilisation précoce
Une fois que l’os a commencé à guérir, des exercices actifs légers sont introduits :
- Flexion-extension des articulations voisines : Flexion douce du poignet ou de la cheville, selon la localisation de la fracture.
- Exercices de glisse murale : Glisser les mains ou les pieds sur un mur pour un mouvement contrôlé.
Exercices de renforcement pendant la phase de renforcement musculaire
Les muscles doivent être reconstruits de manière progressive :
- Levées de jambes ou de bras avec poids légers : Pour renforcer les muscles stabilisateurs.
- Travail avec bandes élastiques : Permet de renforcer les muscles sans surcharger l’os.
Exercices fonctionnels pendant la phase de retour à l’activité
Dans cette phase, les exercices sont plus dynamiques :
- Course légère et sauts : Pour renforcer les muscles des jambes après une fracture du membre inférieur.
- Séries d’exercices spécifiques au sport pratiqué : Adaptés à la discipline sportive du patient.

Conseils pour une récupération réussie
La rééducation après une fracture est un processus long, qui nécessite patience et rigueur. Voici quelques recommandations pour maximiser vos chances de succès :
- Ne pas forcer la guérison : La progression doit être lente et mesurée. Une rééducation trop rapide peut entraîner des rechutes.
- Éviter la douleur : La douleur est un signal d’alerte. Si un exercice devient douloureux, il est important de s’arrêter et de consulter un professionnel de santé.
- Consulter régulièrement un kinésithérapeute : Il est essentiel d’être guidé par un professionnel pour garantir une bonne progression.
La rééducation, bien que contraignante, est un investissement essentiel pour retrouver une pleine fonctionnalité et prévenir des séquelles à long terme. En suivant les étapes avec soin et en pratiquant des exercices adaptés, il est possible de revenir à un mode de vie actif en toute sécurité.
